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LA CHUTE

                   

                          « Une fois qu’être projeté ne constitue plus une inquiétude, on en vient à pouvoir bouger naturellement comme on le souhaite. On peut se déplacer librement de façon à répondre aux exigences du Nage Waza » Jigoro Kano.

On le sait bien, la première des compétences réclamées à un judoka est ce « don de soi » qu’est la chute acceptée dans l’exercice, En randori, la chute est encore moins facile. Le « jeu » du combat s’en mêle et nous supportons mal d’en être le perdant.

Si mon objectif est d’améliorer mon habileté en randori (et c’est l’objectif du randori), la chute est nécessaire à ma compréhension et à l’augmentation de mon potentiel d’adresse.

Tomber, c’est ce qui peut arriver de mieux à un débutant attentif. Souple, appliqué, il se nourrit à chaque chute de l’expérience de son partenaire et il forme ainsi son corps aux rythmes, aux logiques implicites d’un domaine qu’il ignore mais qu’il ne refuse pas.

On dit souvent qu’on reconnait un bon judoka à ses chutes… Pour être précis, on devrait dire qu’on le reconnait à sa façon d’envisager la chute, de « prendre des risques avec le risque » de chuter.

Reconnaître que cette chute est inévitable et jouer franc-jeu avec, l’envisager sereinement et s’en faire une alliée, c’est la noblesse du judoka, son initiation particulière.

CHARLOT, Principes et fondements, K.éditions, 2006